« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui
pardonner ? »
La question de Pierre est très humaine.
Il est prêt à pardonner. Mais il aimerait savoir jusqu’où. Une fois ? Deux fois ? Sept fois ? À quel
moment peut-on enfin dire : « J’ai assez pardonné » ?
Jésus lui répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »
Autrement dit : ne tiens pas les comptes.
C’est difficile. Parce que certaines blessures passent vite, mais d’autres restent longtemps. Une
parole injuste. Une confiance trahie. Une histoire familiale qui traîne depuis des années. Parfois
nous avons pardonné avec notre tête, mais notre cœur, lui, a encore besoin de temps.
Jésus ne nous demande pas de faire comme si rien ne s’était passé. Pardonner ne veut pas dire nier
le mal, tout accepter ou supprimer toute justice. Il nous demande quelque chose de plus profond : ne pas laisser le mal reçu décider de ce que nous allons devenir.
Le livre de Ben Sira nous dit : « Pense à l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent. » Avant de
regarder ce que l’autre nous doit, regardons ce que nous avons nous-mêmes reçu de Dieu.
Nous vivons tous de sa patience.
Peut-être pouvons-nous commencer simplement. Sans chercher tout de suite à résoudre les grandes
blessures de notre vie. Mais en regardant s’il existe une petite rancune que nous entretenons, une
parole que nous pourrions arrêter de répéter, quelqu’un dont nous pourrions cesser de dire du mal.
Et demander au Seigneur : Apprends-moi à pardonner comme toi, tu me pardonnes.
P. Dominique NGUYEN XUAN, Curé